LA FONTANELLA - RESTAURANT, HEBERGEMENT, BED & BREAKFAST A LA ROCHE-EN-ARDENNE

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LA FONTANELLA
M & Mme Bellinaso-Modave
Rue Châmont 32
6980 La Roche-en-Ardenne
Tél. 00 32 (0) 84 411 773
GSM 00 32 (0) 498 262 870

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Historique

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La Roche en Ardenne cités écrasées

"La Roche est détruite!"
Que de coeurs sont crispés à cette lugubre annonce...
La Roche n'était-elle pas la favorite des estivants ?
Tout les y conviaient.
Son site saisissant, ses promenades en lacets aux flancs
des raides escarpements,
ses excursions aux hauteurs de Cielle, au grandiose site du Hérou ou encore
au long de cette vallée spacieuse par laquelle en frôlant les villages,
l'Ourthe s'en va lentement vers la Famenne. Tapie dans une boucle de la rivière,
serrée entre des rochers capitonnés de bois, cette bourgade intime et minuscule
avait l'air de ne former, tout entière, qu'une seule demeure.
Sauf l'antique château noir, couronne austère toujours posée sur le font de la cité
comtale, tout semblait, en cette demeure, ne penser qu'à l'accueil.
Hôtelleries et magasins, maisons particulières elles-mêmes étaient aménagées
à la Roche en vue des quelque mois où la saison clémente
ramenait les étrangers en Ardenne.
La Roche, hélas ! a reçu d'autre hôtes. Après l'avoir touchée de leurs obus,
les Allemands y entrèrent dans la soirée du jeudi 21 avec des avant-garde
camouflées dans des véhicules américains. La réaction des Alliés fut rapide:
depuis lors jusqu'au refoulement de l'envahisseur,
la ville s'est trouvée nuit et jour sous la grêle des projectiles.
Comme partout, les gens se terrèrent dans leurs caves ou s'évadèrent aux environs.
Ils s'entassèrent à plusieurs centaines dans des fermes comme
la petite et la Grande Strument. En s'agrippant des mains
et des pieds à la carcasse du pont, des groupes d'habitants passèrent la rivière pour s'éloigner.
D'aucuns se réfugièrent dans les galeries des anciennes mines de plomb, mais
les Allemands les en délogèrent,pour s'installer à leur place.
Une caravane d'une cinquantaine, en montant vers Cielle,s'arrêta dans un vallon
et se mit à y dresser une cabane,mais les soldats les en chassèrent à leur tour
et ils durent redescendre chez eux.En pleine nuit,
une bande s'enfuit au cimetière et s'y entassa dans un grand caveau.
Nulle part il n'y avait d'abri sûr et le site même semait l'effroi :
dans l'étroit encaissement de la vallée, chaque explosion se répercutait en effet comme
le tonnerre entre les parois des rochers.Epreuve de plus pour des nerfs qui n'en demandaient
pas tant, comme par ailleurs, le bruit guttural des canons antiaériens qui tiraient
six obus à la fois ou,
à travers l'obscurité, les hurlements sinistres des tanks " miauleurs ". Peut-être la canonnade avait-elle quand même son bon côté, surtout vers la fin de la terrible aventure :
on mesurait en effet les secondes entre le coup de départ,entendu dans
la direction d'Hotton, et le coup d'arrivée à La Roche; cela servait de communiqué.
On respira quand l'intervalle, de jour en jour, vint à se réduire.
Mais il n'en fallait pas moins encaisser les obus.
La catastrophe, pour La Roche, fut le bombardement aérien du 26 décembre, qui détruit le pont principal, et surtout celui du 27, à cinq heures du soir.
C'est alors que, pilonnée à fond, la ville de La Roche en Ardenne fut réduite en poussière.
Depuis l'église jusqu'à la route de Beausaint, tout fut mis à plat.
L'espace qui va du pont à la ruelle de Pérovette et de la ruelle du Presbytère
à la ruelle des Ecoliers,rue du château, la place de Chantraine, tout cela n'était plus,
le lendemain, qu'une vaste trouée au sol bosselé de décombres.
Pour comble, les S S ajoutèrent aux dégâts du bombardement en incendiant
de leurs mains des maisons restées intactes.
C'est alors qu'un courageux jeune homme, Jean Collin chargea sur ses épaules un à un, les vieillards de l!hospice, pour les transporter, à travers un enfer,
des caves de l'école des Frères vers un lieu plus sûr.
Les victimes sont à l'avenant. D'une population normale de 1.900 âmes,
il n'en restait qu'environ 450 à l'arrivée des Allemands. De ce nombre, il faut noter 87 tués
par les bombardements, 30 morts de privations divers, parmi lesquels tous les vieux de l'hospice, sauf un.
Un groupe de seize personnes demeura écrasé sous les ruines de la pâtisserie Janty , face à l'église, un autre d'une vingtaine à la tannerie Marquet. Du château des Agelires,
résidence de M.le baron Ftienne Orban de Xivry, d'où venait de se retirer un état-major, il ne resta rien :
arrosé de trente et une bombes, il fut anéanti. On eut peine à retrouver dans les souterrains les ossements calcinés de onze victimes parmi lesquelles la soeur du baron,
comtesse Ruffo di Calabria, avec sa fille Yolande, et le petit Louis Orban de Xivry, âgé de onze ans.
La Roche abattue, quel pitoyable spectacle ! Il faut le voir de la brèche du Rocher par où débouche la route de Hotton,
ou bien du niveau où l'Orphelinat se tient encore debout. Vision infernale ! Une chaudière en ébullition, où des vagues de matières informes laissent entre elles
les creux obscurs des caves éventrées. A travers les décombres, l'Ourthe indifférente lèche les débris et passe en chantant;
elle encercle un paysage désolé  par dessus lequel trône, inchangé, le vieux château, ruine de jadis qui ne s'émeut guère des ruines d'aujourd'hui...
A ses pieds isolée , l'église aux tons pâles dresse toujours son clocher, forme presque immatérielle sous le soleil
du matin, âme bleue qui s'exhale d'un corps torturé.

Texte de Giovanni Hoyois
L'Ardenne dans la tourmente.


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La Roche en Ardenne au milieu des décombres

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Avand Hôtel de ville et grand Rue

De La Roche en Ardenne Photos 1940-1945

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Aprés Hôtel de ville et grand Rue

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De La Roche en Ardenne Photos 1940-1945

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La Roche

La Roche
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