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LA FONTANELLA
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GSM 00 32 (0) 498 262 870

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Historique

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Bed & Breakfast La Fontanella chambre et petit déjeuner
La Roche en Ardenne


Le veilleur de nuit Le "Tûteur" de La Roche en Ardenne



L'an dernier, on a fêté les noces de diamant du dernier "tûteu" de La Roche en Ardenne ,M. Fagnant-Grandjean. Mais personne ne le connaissait sous ce nom-là : on l'appelait le père Bonnette et il avait rempli ses fonctions pendant 40 ans. Il démissionna en 1912, parce que le conseil communal refusa de lui augmenter quelque peu sa maigre pitance.

Qu'était-ce que le "tûteu" ?
Vous allez le comprendre tout de suite. "Tuteler" c'est souffler dans une corne de boeuf ce qui produit un son lugubre et bien fait pour attirer l'attention. Ces fonctions remontent à une date indéterminée mais assurément très vieille. D'anciennes chroniques de La Roche en font mention en l'an 1628.

Le tûteur était, en somme, le veilleur de nuit.

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. La ville, il y a des siècles, était pour ainsi dire, tout entière construite en bois et elle fut, en partie, ravagée plus d'une fois par le feu. C'est alors qu'on désigna un veilleur. Et, à travers les lustres, les douzaines d'ans, les siècles, la tradition s'est maintenue et le tûteu de 1912 exerçait son mandat exactement comme ceux du quinzième ou du dix-septième siècle. Il commençait sa journée à 11.h du soir pour la finir, en été, à 3 h. du matin et, en hiver, à 5 h. Il devait sonner de la trompe toutes les heures à des endroits bien spécifiés, à huit coins de rues. A chaque heure, il sonnait le nombre de coups de la pendule et criait d'une voix bien marquée : "Il est t'elle heure".On se demande comment

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un homme a pu ainsi passer quarante hivers au dehors. Etait-on dur de ce temps-là ! Car, les hivers, à La Roche, sont excessivement pénibles et les nuits y sont pleine de neige et glacées

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A cela ne se bornait pas la mission du tûteu. Il devait avoir l'oeil sur les malandrins et les rôdeurs et, de chef, il était assermenté. Il devait apaiser les noctambules un peu trop bruyants. Pour annancer un incendie, il sonnait de la cloche d'alarme.
Il était aussi de toutes les veillées mortuaires et n'était jamais le dernier à se mettre à table. Comme dans tout le pays wallon, le voisinage passait la nuit aux côtés du mort tandis que les parents allaient se reposer. Enfin, le tûteu servait de réveille-matin à ceux qui devaient prendre une des malles-poste qui se dirigeaient vers Liége ou vers la plus profonde Ardenne.
Le brave homme cumulait avec ces diverses fonctions celle d'allumeur de réverbères, car la Roche conserva longtemps l

longtemps l'éclairage au pétrole. Ce dernier emploi, en 1912, rapportait encore 1 fr. 25 par jour, ce qui, joint aux trente sous de veilleur, donnait 2 fr. 75 par nuit.
Quand, en 1912 on installa l'électricité, le tûteu de La Roche perdit son poste d'allumeur de réverbères et le père Bonnette qui avait déja un âge respectable alors ne voulut pas continuer à "marcher" à raison de 1fr.25 par nuit. Comme il n'a jamais dormi plus de 2 ou 3 h. par jour, les nuits doivent lui paraître longues.
Pendant le jour, il était bûcheron et, comme tout Ardennais qui se respecte, quelque peu braconnier et quelque peu bricoleur. C'est le seul forfait qu'on ait jamais pu reprocher à ce brave et honnête homme. Il n'avait, du reste, pas fort peur des gendarme

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( La Libre Belgique, 29 oct. 1929).


Le Tûteu
Dessin de Frans Jacquet, d'après une photographie ayant appartenu à M.Emile Fagnant,fils du dernier veilleur de nuit de La Roche " tiré du livre Le Pays de La Roche par les texte Charle Nollomont"

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De Veilleurs de nuit

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De temps en temps, un poète, un musicien les évoque en figures sympathiques, très simples. un peu mélancoliques parfois : Richard Wagner, Hugo Wolf, Gustave Charpentier. La plupart d'entre nous ne connaissent même plus que ces veilleurs imaginaires et particulièrement cette pittoresque figure des Maître Chanteurs de Nuremberg.
Et l'auteur de ces lignes nostalgiques d'ajouter, non sans quelque fierté :
Pour ma part j'en ai connu trois, bien réels et bien vivants : l'un d'eux en Belgique : c'était le tûteur de laroche (Ardennes); on l'appelait ainsi très heureusement là-bas. Il ne chantait pas; il n'avait qu'une petite trompe sur laquelle il " tûtait " donc, aux heures de la nuit.


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De ce personnage hors du commun, né à Laroche, le 5 septembre 1847, et qui avait nom Victor Fagnant, M Ernest de Halleux, juge de paix honoraire, a laissé un portrait sans retouche
En dépit de son aspect rustre, Fagnant était le plus brave homme du monde. Haut de stature, sec et nerveux, le visage terreux, une moustache à la gouloise, une barbe hirsute, d'épais sourcils abritant des yeux vifs; tout cella lui donnait un air moyenâgeux. Il portait volontiers la casquette de lustrine, se vêtait d'un sarrau de coutil bleu et d'un pantalon Lafond.

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Autre contemporain du rustique héros, l'abbé Victor Habran, qui fut longtemps curé d'Erneuville, à, dans une de ses passionnantes cronique, rappelé les obligation du veilleur de nuit :

Cette charge était mise en adjudication publique. Le bail stipulait que le veilleur devait tûter chaque heure de la nuit à Gohette, près de l'hospice Jamotte, en Chantraine, en Epaisse rue, en Clérue, au Faubourg, sur le chemin de Bastogne et celui de Maka ; ainsi d'heure en heure, la voix profonde d'une corne criait à chacun que, même dans la nuit, quand tout s'arrête et repose, le temps, lui, marche toujours et avance impitoyablement. Un folkloriste, d'ailleurs distingué, écrit que onze heures, par exemple, s'annonçaient par trois triolets et deux note espacées; en réalité M.Fagnant (...) annonçait les heures par des sons réguliers et uniformes (...). Notre veilleur rochois commençait à tûter à 10 heures du soir, tous les jours de l'année

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pour finir à six heures du matin en novembre, décembre, janvier et février; à cinq heures, en mars, avril, septembre et octobre; à trois heures en mai, juin, juillet et août. le bail signé était soumis à l'approbation du Conseil communal et de la Députation permanente puis " dûment enregistré aux frais de la Commune "

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Médiocre rétribution d'un travail fastidieux précisément observé par M. de Halleux :

La ville était éclairée par une trentaine de réverbères en tôle, tantôt accrochés aux immeubles, tantôt perchés sur des poteaux. de forme trapézoïdale et à toit conique, ils contenaient un quinquet à pétrole protégé par quatre vitres. c'est à Victor Fagnant qu'incomblait le soin d'aller allumer les réverbéres le soir, de les éteindre le matin et de les entretenir.

Une échelle sur l'épaule, il passait de l'un à l'autre, frottait vivement le bout d'une allumette soufrée sur le revers de son pantalon et allumait la mèche.
Le matin, en plus de l'échelle, Fagnant transportait un bidon et des chiffons.
Après avoir soufflé la flamme,

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Le matin, en plus de l'échelle, Fagnant transportait un bidon et des chiffons.
Après avoir soufflé la flamme, il remplissait le quinquet de pétrole, nettoyait le verre de la lampe et les vitres du réverbère.

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Et l'ancien magistrat de conclure :

Quand dormait cet homme execeptionnel ? Voilà la question que je me suis souvent posée, car après avoir patrouillé toute la nuit, il sciait son bois, bêchait son jardin, plantait ses pommes de terre et s'occupait à mille autres besognes

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De Cartes Postal de La Roche en Ardenne

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Victor et son sanglier "Vinê".

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Si le progrès eut ainsi raison d'une institution séculaire, la mémoire collective de la cité demeure néanmoins fidèle à son dernier " tûteu". En 1979 encore, un périodique local lui consacrait une page savoureuse rapportant, avec d'autres anecdotes, un exploit de " vinê " " vinê forme dialectale de l'impératif français (Venez) "
le magnifique sanglier apprivoisé qui accompagna longtemps le veilleur sur les chemins de ses nuits blanches

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un jour arrivèrent dans un hôtel de la ville 150 personnes de Bruxelles faisant partie du groupe " Sanglier des Ardennes". Le propriétaire leur proposa de leur en montrer un vivant. Il prévint Victor qui amena son sanglier "Vinê". Sa brusque apparition terrifia une partie de ses " congénères " de Bruxelles qui s'empressèrent de monter sur les tables. Effrayé, Vinê chargea à travers la salle et envoya une bonne partie des citadins sur le plancher. La scène avait duré à peine 20 secondes, causant des émotions...

Un personnage aussi surprenant que l'ancien " tûteu " ne pouvait définitivement quitter la scène sans être l'acteur d'un événement peu ordinaire, dont il partagea la vedette avec son épouse ; le 16 novembre 1928, Victor Joseph Faganant et Marie Charlotte Grandjean célébraient leur noce de diamant au milieu de vingt-neuf enfants et petits-enfants.

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Ah ! pour une belle journée, ce fut une belle journée !
A 10 heures des autos conduisent tous les membres de la famille à l'église où une bénédiction solennelle est donnée (...) par Monsieur le Doyen qui prononce aussi une courte allocution.

Une gerbe est déposée au monument des combattants et déportés
Puis à 10 h 1/2, c'est la réception à la grande salle de l'hôtel de ville. sur le chalet, le conon tonne ; la société de musique communale exécute des airs de circonstance.

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Monsieur le Bourgmestre, entouré du Conseil communal, fait l'éloge des héros de la fête en un discours plein d'humour et de cordialité auquel répond un petit-fils du couple congratulé; aprés avoir vidé le vin d'honneur, les jubilaires et leurs enfants accompagnés d'un nombreux cortège retournent vers le home; la musique exécute encore quelques beaux morceaux que "Deister " répercute gaîment ( ... ) et le bon vieux pèkèt coule à la ronde. Les parents se réunissent enfin en un joyeux banquet.

Dans sa péroraisonn le bourgmestre, M. Joseph de Leuze, n'avait point manqué d'exprimer un souhait de circonstance : je forme le voeu, et je ne désespère pas de le voir se réaliser, de nous retrouver tous au jubilé de vos 70 ans de bonheur conjugal.

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Le destin en avait autrement décidé : Victor Fagnant s'éteignit le 29 janvier 1931

Moins de deux mois plus tard, la fidèle compagne d'une longue vie de labeur le rejoignait au lointain pays des derniers veilleurs de nuit.


Le veilleur de nuit était l'héritier d'une longue tradition de guetteurs et de portiers dont la présence est attestée par les comptes des receveurs du comté de La Roche aux XVI et XVII éme siècles.

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Le compte de 1509 mentionne le salaire des trois guets du château " faisant le guet de nuict" et du portier gardant la porte de jour et faisant aussi le guet de nuit (...)

En 1527, un des guetteurs " allant de nuyt pour faire boin guet allant par la tour hault est tombé de hault en bas mort".

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En 1581, le receveur ayant déclaré qu'il n'était pas possible d'entretenir les trois guets pour les 18 florins payés jusqu'alors, on ordonne que dorénavant, il commette " un personnage idoine n'estant de sa famille pour tenir ordinairement le guet de nuit et sonner le cornet ", en lui payant annuellement 18 livres.

Un peu plus tard, en 1591, outre le portier du Château, il y avait quelqu'un qui " fait le guet et sonne le cornet "

Il semble que cet effectif réduit n'ait pas varié au cours des décennies suivantes, puisqu'en l'an 1626, Henry Gustin fait le guet et la garde du château et Jean Matton est portier.


Texte tiré du Livre Le Pays de La Roche par les textes
Florilège de Folklore et d'Histoire Tonton Charly
"allias Charles Nollomont"

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