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Historique

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Les 121 ans de la ligne Melreux - La Roche en Ardenne

Pour le moment un magnifique projet de M. J-P.Dardenne  Bourgmestre de la commune de La Roche en Ardenne et M. B.Tricot Bourgmestre  de la commune de Rendeux  est sur le point de voir le jour.
Permettre au piéton et cycliste par un Ravel (une voie lente ) de relier La Roche en Ardenne à Marcourt
le long de la rive droite de l'Ourthe ainsi nous pourrons visualiser une partie  du tracer qu'emprunter le tram à vapeur tout en contemplant notre belle région.
Le but de la région wallonne est d'un jour rejoindre Liège par ce Ravel.
J'espère en écrivant ce texte de vivre assez vieux pour pouvoir emprunter ce parcours
René Bellinaso Le 01/05/2008


Les 100 ans de la ligne Melreux - La Roche en Ardenne

1887 - 1987

On n'a pas tous les jours cent ans...

9 octobre 1887. C'est un dimanche. La ville de Laroche ( orthographe de l&39;époque ) est en fête et son peuple en effervescence. Les drapeaux claquent au vent d'automne et les forêts sont parées de leurs splendides dorures saisonnières. Tous âges, opinions et classes confondus, en une sorte d'union sacrée, une foule énorme s&39;est rassemblée près de la toute jeune gare vicinale  pour y saluer et célébrer
le premier tram à vapeur à accéder à la cité...
Oui, un événement majeur qui consacre l'ouverture, sur la totalité de son parcours, de la ligne vicinale
Melreux - La Roche, quatrième à être construite sur le Territoire du Royaume.
Sur l'air de la Brabançonne, un chant de circonstance a été composé.
Il s'intitule " La Rochoise" et ses accents lyriques traduisent à souhait la joie et la fierté
de toute la population. Qu'on en juge brièvement :

« La Roche en ce beau jour de franche gaîté
N'a plus ni catholiques, ni libéraux.
Tous Rochois, pacifiquement ralliés
Sous les plis de leur antique drapeau,
Pour saluer tous, à son arrivée
Le coursier ceint d'acier, au sang de feu,
Hurlant, sifflant, en montant la vallée
Pour arriver vainqueur dans les Eveux…
...
Le pic et la mine ont de la montagne
Déchiré les flancs, nivelé la plaine…

Pour donner à la Vapeur son essor,
Lui frayer une voie sûre vers notre cité."


Les cinq couplets sont de même facture, qui font état des fanfares qui éclatent, des canons qui tonnent,
des cloches qui sonnent, des feux de joie qui jaillissent à la surface de l'Ourthe...
L'allégresse est donc unanime. Le tram est là...
C'était il y a cent ans !

Les débuts

En réalité, la ligne - dont la concession a été octroyée à la Société Nationale des Chemins de fer Vicinaux par Arrêté Royal du 27 mars 1886 - fonctionne depuis une année déjà entre la gare de Melreux et la Tannerie Racot
( emplacement de l'actuelle Hostellerie de la Claire Fontaine), mais il reste, dans les deux derniers kilomètres, à franchir deux fois la rivière et à creuser dans le rocher cette entaille qui doit permettre au tram, par un tracé en corniche, de parvenir à sa destination finale...

C'est donc chose faite en 1887. Parallèlement, se termine le service de malle-poste, très fréquenté, qui unissait La Roche et Melreux.

D'entrée de jeu, la ligne connaît un beau succès. Les recettes son satisfaisantes. N'y aurait-on pas compté dès 1887, plus de 80.000 voyageurs ?
Il est vrai sans doute que le renom touristique déjà affirmé de La Roche lui est un précieux atout et qu'en outre, à l'inverse de la plupart des autres lignes qui seront bientôt établies dans la province et ailleurs, elle traverse de part en part (sauf Marcourt) les localités qu'elle dessert, sans se perdre, loin des villages, dans de sinueux tronçons de campagne.
Ainsi s'écoulent années et décennies - un bon quart de siècle - jusqu'à la première guerre mondiale...

Guerres et paix


En mars 1918, quelques mois à peine avant l'Armistice de novembre, les Allemands démontent la ligne, qui ne pourra être remise en exploitation que le 3 juin 1920,
aprés un hiatus de vingt-sept mois. Cet entracte, imposé par les circonstances, ne nuit pourtant pas au succès renouvelé de l'entreprise.
Il n'empêche que la concurrence de la motorisation individuelle commence à se faire sentir et que la Société doit imaginer les moyens de pallier ses effets.
On assiste ainsi à l'avènement des automotrices, qui font leur apparition à la fin de l'année 1930, - le transport des marchandises continuant à être assuré par trams à vapeur.

L'octroi aux travailleurs, à partir de 1936, de vacances payées entraîne un brusque et considérable accroissement des déplacements de citadins vers le littoral et Les Ardennes. Le tourisme de masse entame son expansion et la ligne en retire des avantages bénéfiques.
Lors des saisons estivales de 1938 et 1939, elle est desservie journellement par huit services d'autorails, aller et retour, cependant que l'on assiste, le dimanche, à l'organisation de plusieurs trams à vapeur, longs et lourds, dont la locomotive tracte une dizaine de voitures ( au moins ) bondées de touristes d'un jour. On les appelle - à tort - "trams-radio", ces convois étant le complément, de Melreux à La Roche où ils arrivent en fin de matinée pour en repartir déjà vers 17 heures, des "vrais"
"trains-radio", trains de plaisir que la S.N.C.B organise vers les Ardennes, depuis divers centres urbains du pays.
Mais le ciel de l'Europe commence à se couvrir... les mobilisations successives de 1938 et de 1939, le minage des ouvrages d'art, les bruits de bottes venant de l'Est inquiètent.
L'horaire entré en vigueur au printemps de 1940 est réduit par rapport à celui des deux années précédentes, mais il est prévu dans son en-tête que " des services supplémentaires seront organisés si les circonstances le permettent" On sait assez ce qu'il en est advenu...

Au soir du vendredi 10 mai 1940 le dernier autorail quitte La Roche pour Melreux. les premiers réfugiés s'y entassent. Et le lendemain, veille de la Pentecôte, le pont de Hotton saute...tandis que les deux "ponts du tram",
à l'entrée de La Roche, échappent à la destruction.
Bientôt, le génie allemand reconstruit un pont provisoire en bois à Hotton et le trafic est ainsi rétabli, à l'automne 1940, sur l'intégralité du trajet.
Suivent alors les cinquante-deux mois d'occupation, qui voient la linge desservie sous horaire réduit, le plus souvent par autorails mais parfois aussi par convois à vapeur, lesquels véhiculent des légions de citadins en quête, dans les régions rurales d'un léger supplément de ravitaillement.
La Libération du territoire ne met malheureusement pas un terme aux difficultés locales. Les autorités américaines refusent la pose immédiate de rails sur le pont de remplacement que leurs troupes lancent à Hotton, dans la seconde quinzaine de septembre 1944 ( l'armée allemande en retraite ayant dynamité l'autre), si bien que,
de septembre à décembre, le trafic ne peu être assuré qu'entre La Roche et Hotton ( rive gauche ), les voyageurs devant ensuite gagner pédestrement la gare de Melreux. distante de deux kilomètres. Et vice versa...
Le 16 décembre 1944, l'"offensive des Ardennes" est déclenchée. La Roche en sortira rasée et les deux
"ponts du tram", que n'avait pas touchés le reflux allemand de septembre, sautent cette fois bel et bien.

La ligne est ainsi entièrement paralysée jusqu'en mai 1945 où les rails, enfin replacés sur le pont de Hotton autorisent l'exploitation ( comme en 1886 !) entre Melreux
et la Tannerie Racot. La tête de ligne est temporairement fixée à Melreux, avec remise
pour autorails et locomotives.
A l'autre extrémité, un simple camion bâché, pourvu de deux banquettes de bois, effectue la navette entre la Tannerie et le dépôt de La Roche, à l'intention des voyageurs qui le désirent.
Ses horaires sont en correspondance avec ceux de l'autorail.

Ce n'est que le 18 juillet 1946, après la reconstruction des deux ponts d'entrée à La Roche, que le rail réunira à nouveau La Roche et Melreux...


Vers la fin du rail


Si la situation financière de la ligne reste relativement favorable, le nombre de voyageurs ne cesse pourtant de décroître. Concurrence irréversible de la route...
De 1952 à 1956, la ligne est encore desservie, les jours ouvrables des vacances d'été, par sept voyages aller et retour. Elément positif: en 1955, trois automotrices à boggies, transférées depuis le Limbourg, remplacent les autorails à deux essieux. Si leur livrée rouge étonne quelque peu les usagers,
leur confort est très favorablement apprécié.
Le 20 janvier 1950, toute traction-vapeur disparaît, les rames de wagons de marchandises étant remorquées par autorail-tracteur (ART.).
L'horaire s'amenuise dès l&39;été 1957 (5 services quotidiens seulement), et signe des temps sans doute ! , le samedi 27 septembre 1958 à 18.25 h,
le dernier autorail Quitte Melreux pour La Roche, qu'il rejoint à 19.15 h Le lendemain, dimanche 28, le premier autobus partira lui-même de La Roche à 6.40 h pour arriver à Melreux à 7.20 h
C'est là toute une époque qui sombre dans le passé, à l'heure même ou
l'Exposition Internationale et Universelle de Bruxelles -
" Bilan du monde pour un monde plus humain" (tel était son thème) - se prépare à fermer ses portes...
Quelques convois de marchandises, de plus en plus rares, rouleront encore sporadiquement jusqu'en 1960,
puis la voie sera définitivement abandonnée, livrée à la végétation envahissante, ensuite déferrée, avant que son assiette ne disparaisse tout à fait, lorsque la route qu'elle longeait sera modernisée et élargie...



Texte tiré du livre Les vicinaux
Société nationale des chemin de fer vicinaux ( Les 100 ans de la ligne Melreux-La Roche-en-Ardenne)




Gare de Melreux

Automotrices
Arrêt du tram
Rendex-Haut