LA FONTANELLA - RESTAURANT, HEBERGEMENT, BED & BREAKFAST A LA ROCHE-EN-ARDENNE

Restaurant et logements à La Roche-en-Ardenne
Français Nederlands


  ● Le chemin des morts
  ● Le Moulin à écorces
  ● Bombardier à Bérismenil
  ● Les 675 ans de La Roche
  ● Le Moulin de la Rompré
  ● L’ hôtel de Ville
  ● Chemin de Saint Quoilin
  ● Patrimoine Historique
  ● Prioux Michel
  ● Hôtels au siècle dernier
  ● Le puits du château
  ● Video travaux château
  ● Video Suite
  ● Melreux - La Roche
  ● Pitoyable spectacle
  ● Séjour à Laroche
  ● test

 

LA FONTANELLA
M & Mme Bellinaso-Modave
Rue Châmont 32
6980 La Roche-en-Ardenne
Tél. 00 32 (0) 84 411 773
GSM 00 32 (0) 498 262 870

Pour nous contacter
 

Historique

_____________________________________________________________________

Home > Historique > Hôtels au siècle dernier

Bed & Breakfast La Fontanella à La Roche en Ardenne
chambre et petit déjeuner


Tourisme D'autrefois.

Auberges et Hôtels au Siècle dernier à La Roche en Ardenne.
Il fut un temps où il était à la mode de « découvrir » L'Ardenne.

Un des premiers explorateurs qui se lancèrent à l'aventure dans cette région réputée sauvage.
fut Adolphe Borgnet qui sous le pseudonyme de Jérôme Pimpurniaux publia en 1856 un Guide du Voyageur en Ardenne ou Excursions d'un Touriste belge en Belgique.
Cette relation avait déjà paru en feuilleton dans l'émancipation en 1845 et 1855.
En 1856 encore, vit le jour un petit livre intitulé En Ardenne par Quatre Bohémiens
( Ch. Vanderbouwera, éditeur) où quatre joyeux lurons qui voulaient demeurer anonymes,
mais qui étaient en réalité Théophile Thoré, Félix Delhasse, le peintre spadois H. Marcette
et Paul Dommartin, retracent leurs pérégrinations à travers les plateaux et les vallées de la Haute Belgique.


Ces courageux voyageurs du siècle dernier se déplaçaient le plus souvent à pied et ne s'encombraient guère de bagages. Ils fourraient dans un sac à dos un peu de linge, quelques
paires de chaussettes, qu'ils lavaient à l'occasion dans un ruisseau pour les laisser sécher en les accrochant sans façon à leur gibecière.
« L'Ardenne est un pays où l'on vit bien et à bon compte, avantage précieux pour les touristes qui, comme moi, ont bon pied, bon œil, bon appétit et avec cela une bourse où très souvent les écus n'éprouvent aucune peine à se rencontrer. Pour déjeuner, du café pur de l'odieux goût brésilien qu'exhale celui qu'on boit dans nos villages situés sur la frontière du côté de la France ; avec cela du lait bien crèmé, du pain succulent et du beurre frais. A dîner, outre les légumes qu'on trouve partout, un gigot de mouton, un quartier d'agneau, du gibier-
même en temps prohibé – et pour dessert du jambon et des écrevisses ; parfois de la bière passable, et du vin qui vaut toujours celui des hôtels de la plupart de nos villes ; les buveurs d'eau sont servis à souhait, car celle qu'on offre à leur palais, en filtrant à travers plusieurs couches de rocher, y a dissous précisément la quantité de sels nécessaire pour en faire une boisson agréable et saine. Le souper est un dîner en petit, avec la salade par-dessus le marché.


Maintenant désirez-vous savoir combien cela coûte à votre bourse ? Calculez :

Déjeuner        fr.        0, 50 centimes
Dîner                1. 00
Souper                0, 50
Service                0,00
Bougies                0,00
        Total FR.     2.00

Ajoutez à cela un franc pour le coucher, un franc cinquante centimes ou deux francs au plus
pour la bouteille de vin dont il vous aura pris la fantaisie de vous lester l'estomac et vous aurez le compte exact de la dépense –évaluée au maximum- qu'un séjour de vingt-quatre heures occasionne dans une ville ardennaise

En 1855. Pimpurniaux : prend sa résidence à l'Hôtel du Nord, un des deux hôtel de l'endroit, l'autre étant l'Hôtel des Ardennes.
Ces Hôtels étaient situés tous deux dans le Faubourg, à une trentaine de mètres l'un de l'autre.
L'hôtel du nord etait dirigé par trois frères célibataires, les frères Meunier

Photographie de l'Hôtel du Nord, datant environ de 1885



Dessin de la rue à l'angle de laquelle il se trouvait



La Roche en Ardenne. Le Faubourg et l'Hôtel du Nord



La Roche en Ardenne Hôtel des Ardennes (1857)


« Oh, le bon petit hôtel qu'était alors l'Hôtel des Ardennes ! » ,
s'écrie Eugène Gens dans ses Vacances à La Roche.
Et quel honnête aubergiste et quel excellent homme en même temps c'était que le père Tacheny ! Ceux qui logeaient chez les frères Meunier à l'hôtel du Nord ne disaient pas moins de bien de leurs hôtes. Il n'y avait que ces deux hôtel-là à La Roche. Chacun d'eux avait sa clientèle qui lui restait fidèle, et ils n'essayaient pas de se nuire. C'était des deux côtés à qui exercerait l'hospitalité le plus cordialement et avec le plus de ménagement pour la bourse de ses pratiques. A l'hôtel des Ardennes, le plus aristocratique des deux,  je ne parvenais à dépenser mes deux franc par jour qu'en m'y livrant aux dépenses les plus extravagantes, comme de remplacer par du cognac le péquet national. Avec cela du jambon, des truites, des grives, du lièvre tous les jours. Et souvent des bonnes fortunes, comme du sanglier, du chevreuil, du saumon.
En ce temps-là en effet, c'est-à-dire vers 1870-1880, il y avait encore du saumon dans l'Ourthe, et au mois d'octobre, quand les poissons remontaient pour déposer leur frai, on traînait le filet dans Harzégoffe, spectacle que nous décrit Eugène Gens :

«  Quatre grand gaillards, les bras et les jambes nus, marchant dans la rivière jusqu'au ventre, tiraient les cordes qui soutenaient le filet. D'autre, en amont battaient l'eau avec des gaffes pour chasser le poisson et tous les gamins de l'endroit aidaient à la besogne en jetant des cailloux et en poussant de grands cris »
Ce jour-là, on avait pris trois saumons magnifiques, et Tacheny, qui était un des fermiers de la pêche en eut un pour sa part, ce qui fait que pendant deux jours, ses hôtes mangèrent du saumon à discrétion.
La Roche était d'ailleurs le rendez-vous des pêcheurs, et notamment d'Anglais, parmi lesquels E.Gens cite deux habitués de La Roche, Henderson et Erate, fins amateurs de pêche, dont le second initia notre anversois aux mystères de la pêche à la mouche.

L'hôtel  des Ardennes et son propriétaire, monsieur Tacheny, que les Bohémiens nous décrivent en ces termes :

« Monsieur T. est un homme grand et maigre, mince et svelte, dont la physionomie austère fait songer aux abstinences et aux macérations de vie claustrale ».

En discutant politique avec lui, nos jeunes voyageurs purent admirer la lucidité de ses vues et la finesse de son esprit. Eugène - François Tacheny, décédé en 1875, eut pour successeur
M .Alphonse  Sougné (1844-1890), dont nous reparlerons, puis l'hôtel fut tenu par Monsieur Jules Tacheny, dont les descendants M. Courtois fut le dernier exploitant de l'hôtel des Ardennes, reconstruit après 1945.


Voyons maintenant ce que le pasteur Perk dit des hôtels de La Roche où, répétons-le, il vint pour la première fois en juillet 1879. Cette citation est traduite de son livre : In de Belgische Ardenne, 1re édition Haarlem, 1882, pp.122-127 :

« La première fois, nous avions réservé des chambres chez les frère Meunier,
à L'Hôtel du Nord. On nous l'avait recommandé en considération également du prix de la pension qui ne s'élève qu'à quatre francs par jour, prix qui comprend la bière aux deux tables d'hôte, à midi et le soir.
Mais le séjour dans cet hôtel a son revers de la médaille. Le bâtiment lui-même est sombre. Les chambres sont basses de plafond, et exiguës. Cela manque de fraîcheur, je dirai même de propreté.
Je fus heureux que,ainsi que je l'avais demandé on m'eût réservé des chambres en ville, tout prés du pont, au-dessus du Café Royal, avec vue sur la rivière et les montagnes au pied desquelles s'étend le faubourg. Cependant, nous devions déjeuner à l'hôtel et traverser le pont, qu'il vente ou qu'il pleuve.
Il y a un autre reproche que je fais à cet hôtel : on ne peut atteindre la salle à manger qu'en traversant la cuisine qui se trouve près de la porte d'entrée donnant sur la rue.
Si l'on ne ferme pas les yeux en passant, on voit manier des quartiers de viande saignante, plumer la volaille, apprêter le poisson et préparer tous les aliments qui sont servis à midi et le soir. On m'accordera que ce spectacle n'est pas particulièrement de nature à éveiller l'appétit. Je m'empresse cependant d'ajouter que la chère est très bonne et que pour cette raison  l'hôtel du nord est très recherché. Souvent, l'été, il y a plus de cent personnes à la table d'hôte. Cependant, la plupart des clients sont logés en ville, car l'hôtel même ne peut en accueillir qu'un nombre restreint.
Je ne puis non plus passer sous silence que les propriétaires, les frères Meunier, dont l'aîné revêt en même temps la dignité de bourgmestre, et le plus jeune est surnommé « le fameux chasseur », titre qu'il porte à bon droit, bien qu'il soit dans la soixantaine, possèdent une bonne cave, et offrent du bon vin à prix relativement modique.
Ce «  chasseur » est aussi un homme charmant, qui par sa jovialité essaie de vous rendre la vie agréable. Aucun d'entre eux n'est intéressé, d'ailleurs ils ont leurs schaapjes op het droge( de quoi voir venir). Ils ne veulent pas augmenter leurs prix, bien qu'on ne comprenne pas comment ils arrivent à s'en tirer pour couvrir leurs frais et vous servir en  abondance, en temps où la chasse est prohibée, du gibier et des truites préparés de toutes sortes de façons.
Mais ils ne veulent pas entendre parler d'améliorations qui pourraient être apportées sans trop de peine, comme par exemple un nouvel accès vers la salle à manger au moyen d'une porte entre les fenêtres donnant sur la pièce intérieure et un escalier qui y mène.
« Cela durera bien aussi longtemps que nous » disent-ils.
Aucun des trois n'est marié ou ne l'a été. A beaucoup de détails, on peut remarquer qu'il n'y a pas de femme à la tête de l'établissement. Ces derniers temps, il jouit de l'appui du clergé.
Ceci n'a pas pour raison une sympathie particulière pour les frères Meunier, mais plutôt la haine pour monsieur Sougné, le propriétaire de l'hôtel des Ardennes. Celui-ci en se faisant nommer président de la commission scolaire locale, a été en conséquence mis au ban avec toute sa famille. Il doit payer cette témérité de toutes sortes de façons, en étant attaqué et vilipendé professionnellement. Mais par contre, il jouit de la faveur de tous les Belges libéraux qui visitent La Roche et vont de préférence dans son établissement. Il mérite réellement ce soutien. Je peux en témoigner d'après ma propre expérience, car lors de ma deuxième visite à La Roche, c'est là que j'ai établi mes pénates.
Je recommande volontiers son hôtel à tous ceux qui n'ont pas de trop grandes exigences, ni d'espérances exagérées pour un séjour où l'on paie 4 fr 50 par jour.
Il serait peu raisonnable de s'attendre à un confort, une propreté et un service soigné qu'on trouve que dans des hôtels de premier ordre où le prix est trois ou quatre fois plus élevé.
Ceux qui sont assez sots pour nourrir de tels espoirs feraient mieux de rester chez eux.
Mais ceux qui désirent avoir pour peu d'argent une bonne chambre et un lit bien propre, une chère convenable et du bon vin en rencontrant un hôte aimable attaché à ses clients discutant avec eux des excursions à faire, ceux qui apprécient que leur hôte leur serve de guide quand ses affaires le lui permettent et mette à leur disposition sa voiture pour un prix modéré s'ils n'aiment pas la marche, ceux-là doivent donner la préférence à l'Hôtel des Ardennes bien que la chère n'y soit peut-être pas aussi bonne que chez Meunier. Car celui-ci semble mieux connaître le canal pour obtenir du gibier, même en temps prohibé.
Mais monsieur Sougné comprend trop bien ses intérêts pour ne pas s'efforcer de pouvoir concurrencer l'Hôtel du Nord dans ce domaine également.
Bien qu'il y ait plus de place dans son hôtel que dans l'autre, il doit souvent loger des clients dans des habitations voisines.
Actuellement, il a loué pour l'été tout l'étage d'un chalet construit l'année dernière tout près de la Tranchée, juste au-dessus de la rivière et la ville et qui offre une vue ravissante sur La Roche et les montagnes des alentours.
Ce qui rend le séjour dans l'Hôtel des Ardennes encore plus recommandable, c'est que dans la salle à manger, les tables ne sont pas fixées au sol, si bien qu'on peut les enlever et que la salle peut servir de lieu de réunion ou de salle de danse à l'occasion.
Ce n'est pas le cas à l'Hôtel du Nord. Là, il n'y a pas de salle, à part une petite chambre qui forme passage entre la cuisine et la salle à manger où les clients peuvent se rencontrer et bavarder en dehors du temps des repas.
Ceux qui veulent respirer un peu d'air frais doivent s'asseoir sur un des petits bancs étroits placés contre la maison dans la rue étroite.
L'hôtel des Ardennes jouit de plus de fraîcheur au coin du vieux chemin vers Marcourt et de  la route de Beausaint, tout à fait séparé.
Devant la maison une toile est tendue, qui fait de l'entrée une véranda où l'on peut, l'après-midi, prendre le café et où j'ai passé bien des heures agréables à bavarder. Si le soleil vous dérange, vous allez vous asseoir de l'autre côté de l'hôtel.
Je m'empresse d'ajouter qu'entre les propriétaires des deux hôtels il n'existe aucune jalousie mesquine et que lorsqu'ils rencontrent des clients de leur concurrent, ils les saluent aimablement comme si c'était chez eux qu'ils fussent descendus. Je puis en témoigner d'après ma propre expérience. Pendant mon premier séjour à la Roche, quand je logeais chez Meunier  je suis allé bien souvent à l'Hôtel des Ardennes pour rendre visite à des amis d'Amsterdam qui y séjournaient ou pour faire des excursions avec eux, excursion où Sougné nous accompagnait.
Et lorsque l'été dernier j'ai renouvelé ma visite et que j'étais descendu cette fois à l'Hôtel des Ardennes, j'ai rencontré au Café Royal «  le fameux chasseur » et celui-ci s'est montré aussi empressé qu'autrefois et voulait chaque fois m'offrir un verre de bière ou un grog.
Ce Café Royal est le seul lieu de réunion où l'on peut se rencontrer, bien qu'en général les clients des deux hôtels restent étrangers l'un à l'autre. Il y a peu, il n'y venait généralement pas de dames. Seuls, les messieurs venaient y jouer au billard ou prendre un café ou une bière. Maintenant que cette année on a aménagé un balcon du côté de la rivière, il vient plus de dames. Le chalet dont j'ai parlé plus haut attire aussi beaucoup de visiteurs. Grâce à ce terrain neutre il y a maintenant plus de contacts et de fraternité entre les clients de Sougné et ceux des Meunier. Et quand je parle  de ces hôtels et des lieux où l'on se rencontre alors vient involontairement dans mon esprit l'image de compatriotes et d'étrangers dont j'ai pu faire ou renouveler la connaissance. Avec certains d'entre eux j'ai passé bien des heures agréables. Quelles excursions splendides et inoubliables nous avons faites ensemble ! Combien de conversations animées et agréables sur le perron de chez Sougné, ou le balcon du café, ou devant le chalet !
C'est surtout à l'arrière-saison que Belges et Anglais fréquentent La Roche. Pendant les vacances scolaires de la mi-juillet au 1er  septembre, il vient naturellement beaucoup de familles hollandaises dont certaines sont déjà venues auparavant .Et pour autant qu'ils n'aient pas d exigences exagérées, vu le prix modique qu'ils paient, et qu'ils fassent attention au dicton « tout selon son prix », ils peuvent témoigner qu'ils ont eu une excellente marchandise.
Le  nom de La Roche jouit en conséquence d'une bonne réputation dans différents pays et éveille chez beaucoup d'agréables souvenirs.
J'y ai même rencontré des étudiants d'Oxford et des familles américaines. Les étrangers qui séjournaient cette année à La Roche se composaient, à ce que j'ai pu constater, d'artistes venant y chercher l'inspiration pour de nouvelles œuvres, de professeurs d'université ou d'enseignants, de pasteurs, de médecins, commerçants ou hommes de lettres, étudiants et fonctionnaires dont la plupart voyageaient avec leur famille ».
Le pasteur Perk s'intéresse non seulement aux promenades qu'il nous décrit avec beaucoup d'enthousiasme, mais aussi à l'histoire de La Roche et aux légendes locales.

Histoire et Folklore de La Roche en Ardenne par Léon Marquet
Menbre de la commission Royal Belge de Folklore


Hôtel des Ardennes

Hôtel du Nord
Hôtel Beau Séjour
Hôtel du Luxembourg
Hôtel du Luxembourg