LA FONTANELLA - RESTAURANT, HEBERGEMENT, BED & BREAKFAST A LA ROCHE-EN-ARDENNE

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LA FONTANELLA
M & Mme Bellinaso-Modave
Rue Châmont 32
6980 La Roche-en-Ardenne
Tél. 00 32 (0) 84 411 773
GSM 00 32 (0) 498 262 870

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Curiosites

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Bed & Breakfast La Fontanella chambre et petit déjeuner
La Roche en Ardenne




Le Fantôme au Château

Par les douces soirées d'été, vers 9 heures quittons La Roche par le pont du Gravier dans le bas de la ville et montons la route vers la tranchée. Le château nous  apparaît dans le décor féerique des illuminations. Au-delà des ruines, la crête du Dester se prolonge,
sur le pinceau lumineux des projecteurs. Soudain, d'un trou  d'ombre,
un fantôme!!
C'est le fantôme mystérirux et fidèle qui traverse la nuit des temps pour intriguer ou surprendre le promeneur du soir...



Le fantôme de la Roche en Ardenne



Du salon de coiffure ou l'irrésistible ascension d'un fantôme


C'était un soir de juin.

Sur le mont du Dester, les genêts d'or achevaient de se faner.

Accrochées aux vieux murs des jardins en terrasses de Saint-Quoillin, les giroflées sauvages, brûlées par la chaleur du jour, fermaient lentement leurs calices  multicolores.
Une tiédeur fade accablait toute chose.

Dans un ciel lourd, des nuages sombres roulaient tellement bas, qu'ils semblaient effleurer en passant, le sommet de Corumont et de la cime des hêtres séculaires du  Chession de Maka.

Le grondement du tonnerre se répercutait sourdement aux échos de la vallée des tombes et de part le ravin de pierreux, à l'infini, bien au-delà du diable- château.

Parfois des éclairs trouaient la nue et jetaient sur les rochers patinés et moussus, des lueurs subtiles et rougeoyantes.

Les Rochois, inquiets par cet orage menaçant, s'attardaient sur le pas des portes, regardant les grosses gouttes, qui de temps à autre s'écrasaient sur le pavé tiède  et sonore.

Du sommet de la tour, le tintement de l'Angélus du soir tombait sur les toits. (...)

Soudain une rumeur étrange parcourut les rues de la ville. partie de la Rompré, elle gagna la place du Bronze, grimpa la Vieille route de Beausaint et le Chemin des  Morts. Elle traversa le pont, s'étendit sur la place, s'infiltra dans les sombres ruelles. puis se perdit vers les Eveux de Harzé, là-bas au bord de l'eau, où les  nymphes se baignent, le soir au clair de lune.
Les Rochois, curieux, perplexes, incrédules, regardaient vers le château, où les feux de l'illumination aux couleurs finement nuancées et aux teintes délicates,  créaient un décor féérique, presque irréel.

Un fantôme !
Des fantômes ... dans les ruines du château.

Ainsi " Anax, le Vieux Bûcheron" (alias Maxime Adam) et son cadet, Emile Bock, folkloristes du cru, commentaient-ils fort poétiquement les prémices d'une  manifestation spectrale imprévue par une chaude soirée du mois de juin 1951.
Plus prosaïque, mais combien savoureux, un tout autre contexte sera, quelques années plus tard, recueilli de la bouche de Jean Therer, coiffeur au pied du Trou  Bourbon et premier de la lignée des fantômes rochois, par le reporter Gaston Bunnens


Dans l'apès-midi, j'avais lu, par-dessus l'épaule d'une cliente, un article de journal consacré à des fantômes anglais. Et je me suis dit :" Pourquoi n'aurions-nous pas  nous aussi, un fantôme à La Roche ?"

Le soir même, je montais au château. Drapé dans mes draps de coiffeur, un hennin de carton sur la tête, je réalisai la première apparition. Les autres ont suivi, plus  perfectionnées. Et durant des mois, personne n'a su qui était le fantôme.
Pendant que mes clientes se trouvaient sous le séchoir, je m'éclipsais un moment. Une corde accrochée aux ruines, au fond de mon jardin, me permettait de gagner le  château sans être vu. Et lorsqu'on a commencé à deviner la vérité, j'ai été remplacé par des copains du Syndicat d'Initiative, à tour de rôle, pour déjouer les  soupçons ! Comme bien on s'en doute, les apparitions inopinées du début ne furent point au goût de tous : d'aucuns parents dont la progéniture, nullement préparée  aux signes de l'au-delà, avait éprouvé une grande frayeur, proclamaient bien haut leur intention de recourir aux armes pour renvoyer le fantôme à l'éternité !

L'innocente mystification risquait de virer au fait divers dramatique. Une mise au point s'inposait. L'hebdomadaire " L'écho de la Roche" se chargea de la diffuser  dans son édition du 8 juillet 1951 :

La Direction Générale des habitants de l'autre monde communique :

A la suite de certains incidents qui se sont produits lors de la sortie régulière de notre délégué à La Roche (le chevalier à la sombre armure Fantôme de seconde  classe);
Le conseil suprême des désincarnés, a décidé :
Que le spectre précité serait tenu dorénavant de communiquer à la population de La Roche et autres lieux, et ce par la voie  du "tûteu", ses jours et heures de sortie
pour que les parents d'enfants sensibles puissent prendre toutes mesures utiles.

En notre fin de siècle blasée, où même la conquête spatiale n'émeut plus personne, on a peine à imaginer les remous provoqués par "l'affaire du fantôme".
Revenons aux souvenirs transcrits par Gaston Bunnens :

Des esprits forts surveillèrent les ruines, pour voir si, après la fermeture, personne n'y restait caché. On monta la garde devant l'unique entrée, avant et après  l'apparition. Peine perdue !
- C'est un mouvais plaisant' assuraient les uns.
- C'est le coiffeur, précisaient les autres.
- Ou bien l'hôtelier des Hayette !
Mais le coiffeur, au moment de l'apparition, terminait deux permanentes et ses clientes se partaient garante de sa présence. L'hôtelier des Hayettes et tous ceux  qui, après lui,furent soupçonnés de "jouer au fantôme", se montrèrent dans la foule des curieux pour affirmer leur innocence.(...)

Les hôteliers comprirent très vite que le fantôme n'était pas l'esprit malin. Au contraire, l'apparition était bénéfique. Les touristes venaient de loin pour la voir et,  forcément, ils passaient la nuit à La Roche.

En arrivant, ils se renseignaient :

- Est-ce que le fantôme sort ce soir ?
- Peut-être que oui, peut-être que non ! Il est assez fantasque et, jusqu'à présent il n'a jamais accepté d'horaire fixe !

Et le facétieux coiffeur d'expliquer encore au journaliste :

Nous avons fini par engager un fantôme officiel, un jeune homme qui habite comme moi au pied du château et qui entre sans être vu, grâce à une échelle dissimulée  dans les buissons.
Inutile de dire que nous avons bien ri !

Le premier fantôme officiellement commis par le Syndicat d'Initiative et de Tourisme, Bernard Zimmer n'avait pas quatorze ans quand, à raison de 20 francs par  apparition, il entama sa carrière vespérale

Benny  appellation familière du jeune préposé du S.I.T. habitait au 6 de la rue de l'Eglise, tremplin idéal pour gagner subrepticement le castel et, de la sorte,  entretenir la mystification imaginée par Jean Therer.

Etudiant le jour, Fantôme à la nuit tombée, il conduisit avec méthode sa double existence de 1956 à 1960, connaissant tour à tour les honneurs de la radio et de la  télévision. De la grande presse aussi. Et parfois bien au-delà de nos frontières : une pleine page, abondamment illustrée, lui sera consacrée dans le numéro du 6  septembre 1959 de l'hebdomadaire  "Zondag Nieuws", édité à ... Sumatra !

Textes Charles Nollomont Le Pays de La Roche par les textes
allias Tonton Charly





Château de La Roche en Ardenne

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